Florie Berrehar : De Chef de Pub Réalisatrice de documentaire « A la poursuite de mes rêves »

Aujourd’hui je vous présente une partie de l’histoire de Florie Berrehar.

Florie, c’est une jeune femme de 26 ans que j’admire beaucoup pour sa capacité à suivre son instinct et ses envies. Mais, pendant longtemps Florie n’a pas suivi sa voix intérieure et son instinct, bien au contraire.

Florie et moi, on est diplômée de la même école mais pas de la même promo. J’ai pour la première fois entendu parler de Florie grâce au blog des alumnis de Kedge. L’article présentait le projet de Florie « A la poursuite de mes rêves » et communiquait notamment sur son crowdfunding pour soutenir ce projet.

J’ai tout de suite accroché au projet qui vise à comprendre le fonctionnement des écoles démocratiques. Ces écoles où les enfants sont libres de choisir quand ils veulent étudier, ce qu’ils souhaitent étudier et quand ils veulent faire des activités de “loisir”.

Pour comprendre les différences avec notre système éducatif actuel, Florie est allée à la rencontre de 4 jeunes actifs, qui ont suivi leur scolarité dans une école démocratique. Florie est allée à la rencontre de leur famille pour comprendre pourquoi leurs parents ont choisi de donner cette éducation à leur enfant. Et, à la rencontre de ces jeunes actifs pour les interroger sur leurs parcours scolaire et leur place dans la société aujourd’hui.

A la poursuite de mes rêves c’est un projet de documentaire que Florie est actuellement en train de réaliser. Au plutôt en train de monter! En ce moment Florie est sur la phase de montage du projet. Elle est retournée dans sa famille pour se concentrer pleinement sur le montage du film, avant de procéder à la diffusion du documentaire et d’enchainer une tournée de festivals. Florie a donc pu prendre un peu de son temps pour m’expliquer, son parcours, sa réflexion et m’en dire un peu plus sur son fameux projet. Sans plus attendre, je vous laisse découvrir une petite vidéo de son projet et notre échange.

Comment s’est passée pour toi la sortie de l’école?

« Après la fin des cours à Kedge, j’avais besoin de décompresser et de terminer mon mémoire. Je suis alors partie à Amsterdam où j’ai trouvé un job de serveuse dans un bar du quartier rouge. J’avais terminé mon master et je ne savais pas vraiment où j’allais aller ensuite. Mais j’avais la sensation que c’était bon, que ça y est, j’avais accompli ce que je devais accomplir et je pouvais enfin vivre la vie que j’avais envie de vivre.

Alors je me suis demandé « Qu’est ce que je veux faire maintenant ? »

Je veux partir au Mexique voir une pote à moi qui y est, en échange. Alors comment est-ce que je peux atteindre cet objectif ? Je vais bosser dans un bar et terminer mon mémoire en même temps.
Après quelques temps à Amsterdam, je suis donc partie au Mexique. Une fois sur place, je me suis dit qu’il était temps de passer aux choses sérieuses ! J’ai quand même fait plus de 20 ans d’études, il est donc temps de mettre ça à profit et d’aller vers le “succès professionnel”. Après ce voyage j’ai donc bossé dans “de vraies entreprises”.

Retour en France

J’’ai été embauché dans la communication, chez BETC où j’étais Chef de publicité. Puis ensuite j’ai bossé chez Yves Rocher, au service marketing. Et c’est là que je me suis rendu compte que le matin, je trainais des pieds en sortant de la maison, que je n’avais aucune envie de y aller. En me disant que de toute façon je savais faire que ça et que j’avais bossé pour en arriver là. Que ça finirais par me plaire.

Puis quand tu discutes avec tes potes, tu vois qu’ils pensent plus ou moins la même chose. Mais bon c’est tes premiers salaires, le début de la liberté !

Certains ont accepté, certains se sont résignés. Et pour moi ça a été le début du calvaire.

C’est chez Yves Rocher que j’ai commencé à faire des vidéos, en plus de mon temps de travail. Quand je leur ai dit que je partais, une des premières questions qu’ils se sont posés c’est comment est-ce qu’ils allaient faire avec les vidéos. Et c’est comme ça que je me suis lancée en freelance. Ensuite pour développer mes projets, je répondais à des appels d’offres et ça fonctionnait bien. J’ai commencé à bien gagner ma vie. J’ai eu assez rapidement des économies pour pouvoir faire ce que je voulais de ma vie. Je suis donc partie à Barcelone et je me suis inscrite en FAC de philosophie. »

Pourquoi faire une Fac de philo?

« J’ai toujours été bonne élève et eu des bonnes notes, quand tu as des bonnes notes on te conseille de faire S et ensuite de faire prépa. J’ai un peu choisi la facilité. C’est vrai que je voulais faire L, mais pour moi, ce n’était pas une option. De la même manière, je voulais faire fac de philo mais ce n’était pas une option non plus. Et j’aurais du dire que c’était ça que je veux faire, mais j’avais peur. Quand on te rabâche depuis toujours que la voie du succès c’est la voie scientifique. »

Je pense qu’on fini toujours par retourner vers nos tendances naturelles.

Comment est née l’idée du documentaire ?

« L’idée du documentaire est arrivée durant la fac de philo. Pour le contexte, je vivais à Barcelone, la vie coûtait moins chère et j’avais des économies pour plusieurs mois. Au moment où j’ai décidé de changer vie, j’ai décidé de vivre les choses différemment. Avant je faisais beaucoup la fête. Quand je suis arrivée à Barcelone, je ne sortais presque plus, je ne dépensais presque plus rien et je passais la plus grande partie de mon temps à la bibliothèque, à lire et apprendre l’espagnol.

Avant, je ne me serais jamais permise avant d’aller dans une bibliothèque, à lire des livres au hasard. Parce que j’avais toujours cette idée de : il faut étudier pour une raison. Tout ce que je faisais était pour un objectif précis. A ce moment, j’étais sans objectif, je voyais un livre super intéressant et je me disais bah tiens je le sors de l’étagère et je bouquine.

Et je suis tombée sur un livre qui parlait de philosophie anarchie et éducation anarchiste. C’est là que j’ai découvert le concept des écoles démocratiques, alternatives.

En France on en parle de plus en plus, mais on est assez en retard là-dessus. Dans les systèmes éducatifs des pays du Nord, il y a beaucoup plus de liberté. En Suède ou en Norvège par exemple, ils ont du temps pour faire des activités extra-scolaires et passer du temps dans la nature. Alors qu’en France on est assez attaché à notre système éducatif, aux enfants assis dans une salle de classe face a un professeur qui divulgue un contenu. »

A propos de “A la poursuite de mes rêves”

A la Poursuite de mes Rêves, c’est la découverte de 4 pays, 4 écoles et 4 récits de vie. Le documentaire a pour but de nous inviter à nous questionner sur notre système éducatif et à nous présenter un nouveau modèle, celui des écoles démocratiques.

Pour cela Florie nous fera voyager aux côtés de Paula en Espagne, Hildebrand en Angleterre, Emiliano en Argentine et Frences en France.

Qu’est ce qu’une école démocratique?

En quelques mots, c’est une école où la gestion de la communauté est différente. Dans une école démocratique, toutes les personnes qui sont dans l’école ont leur mot à dire. Chacun va voter à main levée sur l’allocation des budgets par exemple. Les deux mots clés sont liberté et égalité. L’égalité est mise en place par le principe de démocratie.

Où en est le projet aujourd’hui?

La sortie du documentaire est annoncée pour le Printemps 2020. En ce moment Florie est sur la phase de montage, qu’elle réalise seule. Elle a eu de l’aide volontaire durant le tournage, surtout pour la captation.
Une fois la phase de montage terminée il faudra s’attaquer à la diffusion du film et la participation à différents festivals.

Vous pouvez retrouver plus d’informations et même soutenir le projet directement sur le site.

Qu’est ce que tu voulais faire quand tu étais plus jeune ?

« Alors là, pleins de choses. Je pense que je me disais que je voulais travailler dans la publicité, mais parce que je voyais les mannequins manger des kinders et des barres de chocolat et je me disais si je travaille dans la pub, je pourrais manger pleins de gâteaux et tout. Mais surtout, quand j’étais petite, je jouais beaucoup avec la caméra de mes parents et je voulais faire des films, enfin quelque chose comme ça. »

Après ce documentaire, tu te projettes un peu ?

« Non pas vraiment, il y a pleins de films que j’ai envie de faire, j’aimerais bien continuer à faire des documentaires. Mais c’était quand même une sacré épopée. Ça fait déjà 2 ans et demi, bientôt 3 ans que je suis dessus. Il va ensuite falloir bosser sur le lancement, l’organisation des diffusions, et ça, ça ne va pas être de tout repos non plus.

C’était une grosse expérience, je n’ai jamais autant appris qu’en réalisant ce film. C’était un véritable voyage, les moments que j’ai vécu sont spectaculaires. Toutes les personnes qui ont participé au projet ont donné et ont concentré leur esprit et leur énergie pour un même objectif. Il y avait vraiment une espèce de magie qui s’était créée. On est revenu ensemble sur les pas de leur enfance, les gens reviennent voir les personnes avec lesquelles elles ont grandi.

Donc je ne sais pas trop où je vais aller après, je suis à la recherche d’un projet. Je postule, j’ai envie de trouver un projet qui me ferait sens. Je sais aujourd’hui ce que je peux apporter à un projet. Mais il n’y a pas de projet concret aujourd’hui.

Je pensais faire un film sur l’éducation et enfaite j’ai fait un film sur la vie.
Je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup plus de manières de vivre sa vie que ce que je croyais, beaucoup plus de manières de gagner de l’argent que ce que je croyais et je me suis rendu compte que je n’étais pas une personne de la ville mais de la campagne. Enfaite j’avais trouvé des réponses à des questions que je m’étais toujours posé. J’avais trouvé des réponses quasi-automatiques car je ne m’étais jamais autorisé à avoir une ambition dissonante, qui ne soit pas en encore avec les valeurs du succès transportées par la société.

Le succès pour moi ça a toujours été de vivre avec ses valeurs. Sauf que je ne l’appliquais pas. Le succès ça n’a jamais été l’argent, la gloire ou la renommée. Mais pour autant je me disais que quand même, il fallait que j’utilise mes diplômes, que je travaille en entreprise, que je gère une équipe, que j’ai une évolution de carrière. Je ne m’étais jamais dit, je vais aller vivre dans une maison communautaire et je vais faire un potager. »

Une conclusion?

« Je pense que si je n’avais pas connu ces frustrations à un moment donné, je n’aurais pas donné naissance à ce film aujourd’hui.

Après la sortie de l’école, c’est le moment où c’est à toi de prendre tes décisions.

D’ailleurs en ce moment, je suis sur le montage du film et j’entends toute la journée des personnes dire qu’il est important de suivre son instinct, de suivre ce pourquoi tu es destiné.

Le plus tôt on apprend à s’écouter et à prendre ses décisions, mieux on s’en sort une fois que l’’on est livré à soi-même.

Pour moi, la morale de l’histoire, c’est qu’il est dommage de forcer quelqu’un à faire ce qu’il n’a pas envie de faire et le message de mon film réside là dedans. Chaque personne est en mesure de prendre ses propres décisions. »

Remerciements

J’admire Florie, je trouve que ça demande beaucoup de courage de prendre toutes ses économies et de se lancer pleinement dans son projet de documentaire. Elle a acquis cette capacité à ne plus se poser TROP de questions. Elle m’a ensuite avoué qu’au départ elle n’avait pas l’idée de faire un film, mais plutôt des petits documentaires. Mais elle s’est très vite passionnée par le sujet et souhaite toucher le plus de personnes possible par ce projet. Beaucoup de personnes ne connaissent pas ces écoles libérées et sa vocation est de faire découvrir ces écoles à tout le monde. Ce projet c’est « Des témoignages poignants, ou des élèves racontent que ces écoles leur ont carrément sauvé la vie. »